Le déshabillé roi du homewear

 

Qui n’a jamais, en arrivant chez soi après une longue journée, couru enfiler ce bon vieux t-shirt informe et ce pantalon démesuré, mais ô combien confortable? Douillet certes, mais pour le style, on repassera ! Sus aux idées reçues, car pour ceux qui l’ignorent, le survêtement n’est plus l’uniforme obligatoire de ceux qui aiment se prélasser sur le divan. Il existe aujourd’hui au rayon lingerie de nuit et d’intérieur, de belles alternatives.

Le déshabillé vous rhabille, suivez le guide !

La robe de chambre

Jusqu’au 19e siècle encore, les vêtements d’intérieur et la lingerie de nuit étaient soumis à des critères d’utilisation bien précis. Le matin on enfilait une robe de chambre, pour la journée une robe d’intérieur sobre et le soir venu, on se glissait enfin dans sa chemise de nuit. Heureusement tout ça a bien changé et il n’y a plus d’heure pour musarder en déshabillé. On le porte par dessus un pyjama, une nuisette ou soyons fous, à même la peau.

Communément appelé robe de chambre, ce vêtement d’intérieur a la forme d’un manteau qui s’ouvre sur le devant et se ferme à l’aide d’une boutonnière ou en se croisant avec une ceinture. Elle descend jusqu’aux genoux, parfois jusqu’aux pieds.

déshabillé

Crédit : Aubade

Elle connait, comme tous les vêtements, une évolution historique qui lui donne aujourd’hui un fonction un peu différente de celle d’origine. Il faut savoir que la « robe » apparaît en France au 13e siècle. Il s’agit d’un long vêtement d’extérieur ample. L’utilisation qu’on lui connaît aujourd’hui n’apparaît significativement qu’au 18e siècle dans le milieu bourgeois. Les femmes s’en couvrent au saut du lit pour ne pas avoir froid; elle était alors confectionnée dans des tissus épais et chauds. Peu à peu elle devient mixte. A cette époque, elle combine confort et élégance et devient le vêtement d’intérieur en vogue pour recevoir chez soi, amis et relations professionnelles. Confectionnée dans des tissus précieux en brocard, velours et ornée de broderies et de passementeries, certains hommes n’hésitent pas à la porter à la manière d’un manteau pour sortir, en promenade ou au café. Au 19e siècle elle est le vêtement d’intérieur branché des plus fortunés. Fin 19e, début 20e, elle fait son entrée dans les grands magasins et gagne l’intérieur des foyers plus modestes. Ce n’est qu’à partir de 1930 qu’elle dorlote tous les foyers. Désormais on en use et abuse pour flâner, se prélasser, se relaxer.

En quelques siècles, la robe de chambre est passée d’un vêtement d’artifice à une tenue de pur confort. Elle est encore pourtant bien soumise aux aléas de la mode, c’est ainsi qu’on la trouve dans différentes longueurs, matières et imprimés.

On la confond souvent et à tort, avec le peignoir, réservé à la sortie du bain ou à certains sports comme la boxe et la natation.

 

Le kimono

Le kimono fait son entrée dans le vestiaire occidental au 18e siècle.

Historiquement, il s’agit de la robe traditionnelle japonaise en forme de T portée pour les grandes occasions. Formé de tissus pliés et cousus mais jamais recoupé, il est rectiligne et tombe jusqu’aux pieds. Il se croise sur le devant, côté gauche sur côté droit car les défunts sont vêtus dans l’autre sens. Il est tenu par une large ceinture nouée dans le dos. Le kimono est un vêtement particulièrement onéreux et très compliqué à mettre, toutefois les japonais le portent encore aujourd’hui en quelques occasions spéciales.

Même si les élites françaises le portent depuis le 16e siècle, on doit l’engouement européen pour le Kimono à la Hollande qui détient au 17e siècle le monopole du commerce avec le Japon. Il est de coutume pour les japonais, à cette époque, d’offrir aux officiers hollandais 30 kimonos par traité commercial signé.

Aujourd’hui, en Europe, le kimono se porte au logis dans des matières légères et fluides telles que la soie ou le satin, parfois le jersey de coton. Il s’est raccourci avec les années, et il remonte fréquemment au genou ou mi-cuisse. Version sensuelle de la robe de chambre, il affiche volontiers des motifs orientaux et des couleurs vives. Mais la plus sûre des distinctions pour ne pas vous tromper, reste avant tout sa coupe en T.

 

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